Les pays nordiques sont pionniers en termes d’innovation et d’efficacité dans leurs enseignements. La majorité d’entre eux font partie du top 20 des pays les plus performants au classement PISA réalisé par l’OCDE. Nos robots restent encore inspirés du webinar de Business France Nordic auquel ils ont participé le 11 février, sur les systèmes éducatifs des pays scandinaves. De nombreuses pratiques expliquent leurs bons résultats et nous souhaitons les partager avec vous. 

étude PISA - classement des pays par indicateurs

L’expertise des étudiants et des enseignants est essentielle à une digitalisation plus adaptée

En France, selon un article du Monde, nombreux sont les enseignants qui sont au bord du burn-out, souvent noyés par la vague des nouvelles technologies qui a déferlé sur l’enseignement scolaire et supérieur durant la crise du Covid-19.

Entre adaptation des cours et utilisation de nouveaux outils, le numérique s’est imposé dans les apprentissages d’une manière assez brutale. Mais pourquoi existe-t-il un tel décalage entre les technologies de l’éducation qui sont de plus en plus nombreuses et performantes et la prise en main parfois encore faible qui en est faite ?

Si les pays du nord de l’Europe mettent en place des technologies plus rapidement et sont très réactifs sur leur prise en main, c’est d’abord parce qu’ils mobilisent toutes les parties prenantes de l’éducation. Le système éducatif est basé sur l’expérience des enseignants et des élèves, le but étant que tout le monde prenne plaisir à apprendre et à enseigner.

En Finlande comme en Suède, les enfants sont parmi les plus heureux au monde ! Cela passe avant tout par l’écoute de leurs besoins, en leur permettant de prendre part à la construction de leur propre éducation. En Suède, les formules de cours s’adaptent et sont plus riches en options, permettant aux étudiants de s’épanouir davantage dans leur apprentissage en les personnalisant. Mais les étudiants sont également mis à contribution dans la création des nouvelles technologies de l’éducation, en les testant en classe. Selon Anna Demtyeya, program manager de l’association xEdu, la cocréation avec les élèves mais aussi l’investissement des enseignants sont les clés du progrès :

” En Finlande les enseignants sont une force considérable. C’est eux qui entraînent le développement, en cherchant toujours à améliorer la qualité de leurs enseignements. Beaucoup d’entre eux finissent par devenir des entrepreneurs du secteur EdTech “

La digitalisation des enseignements passe donc aussi par l’écoute des enseignants, que l’on doit mettre au centre de la réflexion sur les outils pédagogiques numériques. Ce sont eux qui côtoient tous les jours les salles de classe, qui constatent des difficultés, des évolutions et qui peuvent apporter des solutions.

Pour cela, la Suède a mis en place un système de test national avec l’institution SwedishEdTest, qui se base sur l’expertise des enseignants pour adapter les nouvelles EdTech. L’enseignant teste la technologie, apprend à s’en servir, contribue à son efficacité grâce à ses retours d’expérience, tandis que l’entreprise EdTech peut identifier de manière réactive les points d’amélioration. Selon Hanna Elving, manager chez SwedishEdTest, 100% des enseignants déclarent avoir amélioré leurs compétences digitales après avoir testé les technologies et cela leur permet de les intégrer plus facilement en classe par la suite.

Vous l’avez compris, pour être réactif et mettre en place les nouvelles technologies de la manière la plus efficace possible, tout le monde doit participer et être engagé dans l’évolution de l’apprentissage. Le but est de capitaliser autant que possible sur les expériences de chacun, ce qui demande une implication plus importante des étudiants comme des enseignants.

Sensibiliser aux technologies d’information et de communication

En Estonie, pays européen leader de l’étude PISA réalisée par l’OCDE, on apprend les nouvelles technologies aux élèves dès l’école primaire. En effet, pour le pays, il est nécessaire que les élèves maîtrisent et comprennent ces nouvelles technologies dans leur globalité afin qu’ils développent un intérêt plus important à leur égard. Pour cela, le gouvernement a mis en place le programme ProgeTiger en 2012, qui vise à sensibiliser les enfants dès le plus jeune âge. Aujourd’hui, 99% des écoles primaires ont intégré au moins une activité proposée par ce programme.

“Si nous donnons aux enfants, dès le plus jeune âge, les clés d’apprentissage et les compétences pour comprendre, utiliser et créer les technologies par eux-même, ils seront bien mieux préparés pour le futur” – Kristi Salum, Program Manager chez ProgeTiger

Afin de préparer ses étudiants pour le monde du travail, lIT academy, un cursus scolaire à l’initiative du gouvernement estonien, collabore directement avec les entrepreneurs. Ils ciblent ensemble les compétences technologiques et permettent ainsi aux enseignants d’adapter leurs apprentissages. Aujourd’hui, 1 étudiant sur 9 choisit de poursuivre ses études dans le domaine des TIC*.

En France, Gilles Dowek, enseignant à l’Université Paris-Saclay et chercheur à lInria, déclare que l’éducation des français aux sciences du numérique reste timide. Cela serait dû à une culture parfois hostile aux nouvelles technologies et à un manque de communication entre les innovations et le grand public.

Aujourd’hui, si les enseignements au numérique sont présents dans l’éducation, il est essentiel qu’ils restent performants, et cela passe par la formation continue des enseignants, pour rester en adéquation avec les compétences requises notamment sur le marché du travail.

Technologies de l’information et de la communication*

Un investissement national

Les différents pays du nord de l’Europe présentés dans cet article bénéficient de plans d’actions à l’échelle nationale comme le ProgeTiger en Estonie. Pour la Finlande, la Suède, l’Estonie ou encore le Danemark, le bien-être dans l’éducation est primordial. Il s’agit pour eux d’une mentalité et d’une culture qui les poussent à regarder vers l’avant et à trouver les meilleures solutions pour s’adapter au monde de demain.

Un investissement personnel et professionnel plus important, une sensibilisation aux nouvelles technologies numériques de la part de tous sont essentiels. Mais la France est-elle prête à investir autant que ses voisins du nord de l’Europe dans l’accompagnement et la prise en main des technologies EdTech dans l’éducation ?

Si vous êtes curieux d’en savoir plus sur les investissements et le fonctionnement des Nordic Edtech cet article (en anglais) est fait pour vous : 

Voir sur Medium.com